En plus de 3 ans dans l’univers des finances personnelles sur le Web, j’en ai lu, des articles, des témoignages, des appels à l’aide et des (soi-disant) conseils.

Surtout sur les cartes de crédit.

C’est un sujet chaud, c’est le moins que l’on puisse dire! Tout le monde a son mot à dire.

Certains utilisent leur carte de crédit à bon escient. Ils paient la totalité du solde à la fin du mois, puis profitent des récompenses offertes par l’émetteur pour voyager ou pour se gâter.

D’autres s’en servent comme d’autres se servent d’un guichet automatique. Ils achètent, achètent et achètent encore, puis n’ont plus d’argent pour régler la facture à la fin du mois.

D’autres encore disent que, pour être en bonne santé financière et ne jamais avoir de dette, ils ont carrément mis les ciseaux dans leurs cartes de crédit. Une opinion que je ne partage pas, car ce n’est pas la carte de crédit, le problème.

Le problème, c’est davantage le comportement du consommateur. Personnellement, j’ai une carte de crédit, une seule, et je m’en sers régulièrement. Par contre, quand la facture arrive, je paie toujours le solde complet avant la date d’échéance. Sans exception. Je DÉTESTE perdre de l’argent pour payer des intérêts.

Ce qui m’aide à équilibrer mon budget et éviter les dettes, c’est que je me contrôle. Lorsque je suis dans un magasin, ou que je magasine sur internet, si l’envie me prend d’acheter quelque chose, je me pose quelques questions avant de sortir mon portefeuille.

Les voici.

1 – Est-ce que je peux vivre sans cet objet?

Les jeux vidéos sont un de mes vices. J’ai une console PlayStation 4, plusieurs jeux et des accessoires. Quand mon horaire me le permet, je m’installe devant la télé et je m’amuse.

Depuis quelques temps, je songe à me procurer une deuxième console, celle de Microsoft. Parce que certains jeux qui m’intéressent ne sont disponibles que sur cette console.

Et la console, qui se vend habituellement 600 $, était en vente à 500 $ lors du vendredi fou. La tentation était forte!

Mais, après mûre réflexion, j’ai laissé tomber. J’ai décidé que je pouvais très bien vivre sans jouer à ces jeux.

D’abord, je ne joue que très rarement avec la console que j’ai déjà, faute de temps. Il y a de fortes chances qu’une nouvelle console ne serve qu’à ramasser la poussière. En plus d’acheter la console, il aurait fallu que j’achète des jeux, une deuxième manette, d’autres accessoires. La facture aurait facilement dépassé les 1 000 $.

Je peux m’en passer (de la console, pas des 1 000 $!!)

2 – Vais-je m’en servir souvent?

Si un vêtement me servira seulement 1 fois ou 2, ça ne vaut pas vraiment la peine que je l’achète. Le prix n’a pas d’importance; même si j’achète des chandails à 5 $, c’est du gaspillage si je ne les porterai pas parce que j’en ai déjà trop.

C’est la même chose pour les articles de cuisine (est-ce vraiment nécessaire d’acheter un moule à gâteau en forme d’étoile?) ou pour les outils (est-ce que cette scie électrique est disponible au centre de location d’outils du quartier?).

3 – Est-ce que je le déménagerais?

Parole d’un gars qui vient de déménager : nous avons tous déjà trop de stock!

Lors de notre dernier déménagement, nous avons rempli la moitié d’un camion de 53 pieds (sans les électroménagers de la cuisine). Juste pour les livres, nous avions près de 100 boîtes. Le pire, c’est que nous avions fait le ménage avant et nous avions jeté et donné une foule de choses.

Maintenant, avant d’acheter autre chose, je me demande si c’est quelque chose que je mettrais dans les boîtes si je devais déménager encore la semaine prochaine. Si ma réponse est non, l’article retourne sur la tablette.

4 – Qu’est-ce qui va partir?

Pour éviter de se surcharger et de remplir un camion de déménagement, vous pouvez vous imposer une règle : tout nouvel achat doit être accompagné d’un don équivalent.

Vous achetez une nouvelle robe? Une vieille robe que vous ne portez plus depuis des mois doit partir. Vous achetez un nouveau téléviseur? Bazardez votre ancien appareil sur internet.

C’est ce que je fais pour les livres depuis quelques temps. Dès que je termine la lecture d’un livre, je le place dans une boîte (sauf quelques rares exceptions, des livres qui ont une valeur sentimentale ou qui sont difficiles à trouver). Quand des gens viennent chez moi, ils pigent dans la boîte et repartent avec quelques bouquins. Sinon, je les apporte à un organisme caritatif local.

5 – Est-ce que ça entre dans le budget?

Nous sommes chanceux, notre budget nous permet un certain montant pour dépenser à notre guise. C’est prévu ainsi, parce que je crois que ce n’est pas sain de se priver complètement de tout. S’agit simplement d’être raisonnable.

Donc, si je veux acheter quelque chose qui n’est pas absolument nécessaire dans l’immédiat (comme un jeu vidéo, par exemple), je prends le temps de consulter mon compte en banque et mon budget du mois courant et du mois prochain. Si le budget ne me le permet pas, l’achat est reporté à plus tard, ou bien je l’oublie carrément, tout simplement.

Ainsi, j’évite d’utiliser ma carte de crédit et d’ajouter des dettes pour rien.

Perdre le réflexe

L’autre jour, j’étais en ligne à la caisse de l’épicerie. L’homme devant moi achetait une boîte de biscuits. Le total de sa facture s’élevait à moins de 2 $. Malgré cela, il a sorti sa carte de crédit pour payer. Il n’a même pas eu besoin d’y penser; sa carte de crédit était déjà sortie avant que la caissière ait balayé ses Oreo.

Bon, je sais que ce n’est pas cet achat qui le plongera dans le surendettement (à moins qu’il répète ce geste 50 fois par jour…).

Non. Ce que cela démontre, selon moi, c’est un problème plus grave : la banalisation de l’utilisation d’une carte de crédit.

Pour cet homme, je soupçonne que le geste de passer sa carte de crédit dans la machine à la caisse est devenu tellement banal, tellement anodin, qu’il le fait sans même y réfléchir.

C’est devenu un réflexe.

Et ce réflexe, il est dangereux. Pour tout le monde.

Comme je le disais plus haut, c’est le comportement du consommateur qu’il faut corriger, pas la carte de crédit qu’il faut couper.

En perdant ce réflexe, en se posant quelques questions simples et rapides AVANT de décider d’acheter quelque chose, nous pourrions éviter plusieurs achats inutiles et les dettes qui viennent (souvent) avec.

Une carte de crédit peut être un outil très utile. À condition de s’en servir correctement.