Plus tôt cette année, avant que nous ayons coupé le cordon, je suis tombé, par hasard, sur une émission portant sur le couponing.

On y montrait des hommes et (surtout) des femmes qui, grâce aux coupons, arrivaient à réduire drastiquement leur facture d’épicerie. Ces couponneuses se promenaient dans les rangées de l’épicerie avec de longues listes de produits à acheter, remplissaient trois ou quatre paniers, puis, une fois à la caisse, sortaient un épais cartable rempli de coupons.

Une fois toutes les économies appliquées, le montant original de 200 $ ou 300 $ passait à 25 $ ou 30 $. Quelques couponneuses parvenaient même à obtenir un remboursement de l’épicerie. On les payait pour magasiner! C’est extraordinaire!

Pas tout à fait.

COMBIEN VAUT VOTRE TEMPS?

Combien de temps pensez-vous que ces hommes et femmes devaient-ils mettre pour se préparer de la sorte, semaine après semaine? Une heure? Deux?

Pour certains cas présentés à la télé, c’était plutôt entre 15 et 20 heures par semaine. Il faut trouver les coupons, les classer, les entrer dans l’ordinateur… En plus, certains se forment des groupes qui se rencontrent une ou deux fois par mois pour échanger leurs coupons!

C’est une énorme perte de temps, si vous voulez mon avis!

Oui, c’est souhaitable de faire des économies. Personne ne peut être contre ça. Mais combien vaut votre temps? Si vous gagnez 15 ou 20 $ de l’heure, vous devrez épargner jusqu’à 400 $ par semaine pour que ce soit rentable.

Et pensez à ce que vous pourriez faire de votre temps! Il faut vivre, aussi!

COMPARER DES POMMES ET DES ORANGES

J’ai mentionné plus haut avoir vu des cas de couponneuses qui se faisaient payer pour magasiner.

Et bien, chers québécois et québécoises, ne lâchez pas votre boulot régulier tout de suite!

Ces cas provenaient des États-Unis, où les coupons sont beaucoup plus présents et où les chaînes de supermarchés ont tous des programmes de fidélité qui offrent des rabais instantanés sur plusieurs produits, il est possible de combiner plusieurs offres et d’épargner 1,25 $ sur un produit vendu à 1 $.

Au Québec, le système de coupons est bien différent.

Tout d’abord, la grande majorité des chaînes n’offrent plus de coupons dans leurs circulaires. Sûrement que leurs études de marché ont conclu que les clients étaient tannés de devoir découper les coupons et les traîner avec eux. Avec raison, selon moi!

Ensuite, ces mêmes chaînes ont mis sur pied des programmes de fidélisation, que ce soit par l’entremise de Air Miles ou un programme maison exclusif. Sauf que vous ne ferez pas d’économies instantanées. Faudra être patient. Par exemple, le programme Métro et moi, de Métro, vous offre un point pour chaque dollar dépensé. Sauf qu’il vous faudra dépenser 500 $ pour obtenir une ristourne de 4 $!!!

C’est moins que 1 % de rendement! Pas fort fort comme investissement!

ÉVITER LA SURCONSOMMATION

Évidemment, le marchand qui émet un coupon sur un de ses articles n’a qu’une chose en tête : augmenter ses ventes. On veut attirer le client en lui offrant un rabais que notre compétiteur n’offre pas à ce moment précis.

Le danger, en tant qu’utilisateur de coupons, c’est bien entendu la surconsommation. Si vous détenez un coupon vous donnant droit à 50 % de rabais, il y a de bonnes chances que vous allez acheter le double de la quantité. Vous étiez prêt à payer le plein prix pour un, alors pourquoi ne pas en prendre deux pour le même prix?

Mais, en aviez-vous vraiment besoin de deux? S’agissait-il d’un article qui était sur votre liste de toute façon, ou avez vous succombé à la tentation?

Les émissions de couponing américaines regorgent d’exemples de surconsommation (comme le pays tout entier, d’ailleurs, mais ça c’est un autre sujet!). Dans certains cas, c’est maniaques de coupons allaient jusqu’à remplir une pièce de leur maison de tubes de dentifrice, de thon en conserve, ou de rouleaux de papier hygiénique! De quoi combler les besoins d’un village africain pour une année! Au moins, certaines des couponneuses québécoises donnaient certaines de leurs provisions à des membres de leur communauté dans le besoin. Et pour ça, je leur lève mon chapeau!

EST-CE QU’IL Y A UN COUPON POUR LES TYLENOL?

Personnellement, j’ai cessé d’utiliser les coupons lorsque j’ai constaté à quel point il était devenu compliqué de les utiliser. J’accumulais les coupons, puis, lorsque venait le temps de les utiliser, soit la date d’expiration était passée, soit le produit était introuvable, ou le supermarché où je voulais l’utiliser ne l’acceptait pas.

De quoi donner mal à la tête!

J’ai trouvé un cas où j’accepte d’utiliser des coupons.

Quand je fais mon épicerie et qu’on y fait goûter un fromage, ou un pain, ou autre chose, et qu’on offre un coupon à l’achat, et que le produit était sur ma liste de toute façon, je le prends.

Pour le reste, je passe mon tour! Je préfère utiliser mes autres techniques et passer plus de temps sur autre chose.