Le joueur de hockey apparaissant sur la photo qui coiffe ce billet s’appelle John Tavares.

John Tavares a 27 ans et a grandi en banlieue Toronto. Depuis son entrée dans la LNH, en 2009, il s’alignait avec les Islanders de New York.

Son contrat avec New York est venu à échéance le 30 juin dernier. Dès le 1er juillet, Tavares était libre de choisir l’équipe avec laquelle il voulait poursuivre sa carrière.

Puisque Tavares est un joueur de grand talent, la grande majorité des équipes de la LNH le convoitaient. Elles étaient prêtes à lui ouvrir les coffres. Il était clair que, peu importe quelle équipe il choisirait, Tavares n’aurait plus jamais de difficulté à payer son hypothèque (à moins qu’il imite Johnny Depp).

Finalement, Tavares a choisi les Maple Leafs de Toronto, l’équipe qu’il encourageait quand il était enfant. Son nouveau contrat est d’une durée de 7 ans, pour une valeur totale de 77 millions de dollars US.

Même si certaines autres équipes lui ont probablement offert plus d’argent, Tavares a profité de sa liberté complète pour se joindre à une équipe qui avait une plus grande valeur sentimentale à ses yeux.

Malgré cela, John Tavares gagnera plus d’argent en moins d’une semaine que la grande majorité de la population en gagnera durant toute l’année 2018. Ce qui est tout à fait normal, parce que les propriétaires des Maple Leafs sont milliardaires et parce que Tavares possède un talent exceptionnel. Il a le droit de monnayer ce talent au maximum, puisque sa carrière durera beaucoup moins longtemps que celle d’un commis de bureau.

Mais nous aussi, gens « normaux », avons du talent.

Nous aussi avons la possibilité de monnayer notre talent. Nous avons le loisir de choisir de faire ce qui nous plaît, ce qui nous passionne.

Alors, pourquoi ne le faisons-nous pas?

Écoeurantite aiguë

Petit test rapide : levez la main si un (ou plusieurs) de vos collègues entre au travail le lundi matin et déclare immédiatement qu’il a hâte à vendredi?

Je vois plusieurs mains levées.

Maintenant, levez l’autre main si vous aussi vous avez souvent le même sentiment.

Il y a beaucoup d’aisselles à l’air en ce moment.

Ces gens qui sont malheureux au travail, qui s’emmerdent, qui rêvent à autre chose, il y en a partout. J’ai moi-même fait partie de cette troupe pendant longtemps.

Alors, pourquoi ces gens malheureux continuent-ils à se lever chaque matin, à sauter dans leur voiture ou dans le métro et vont s’asseoir à un bureau pour faire un travail qui les emmerde? Pour enrichir des actionnaires qui ne les connaissent même pas?

La réponse est simple.

La peur.

Ils ont peur de quitter leur zone de confort. Peur de perdre ce qu’ils ont déjà et de ne jamais être capable de le retrouver. Peur de devoir s’adapter à une nouvelle équipe, à un nouvel environnement de travail, à de nouveaux patrons.

Et, surtout, cette peur est liée à leur portefeuille. Quitter un travail sans en avoir trouvé un autre, c’est très épeurant pour la plupart des gens.

Parce qu’ils ont des dettes.

Parce qu’ils n’ont pas accumulé de fonds d’urgence.

Parce qu’ils veulent continuer à souper au restaurant tous les vendredis soirs.

J’ai décidé d’écrire ce texte pour encourager les gens qui y songent à plonger dans l’aventure.

Parce que je l’ai fait il y a près de 2 ans.

Et parce que j’ai survécu.

Sans filet

En décembre 2013, poussé à bout par des conflits avec des collègues et par un boulot qui ne m’offrait plus de défis, j’ai quitté sans avoir trouvé de nouvel emploi.

J’ai passé plusieurs entrevues d’embauche, sans succès. J’ai dû attendre jusqu’en mars 2014 pour dénicher un nouvel emploi.

Ce furent de longues semaines. Notre situation financière en a souffert, parce que nous n’avions pas de fonds d’urgence et que nous n’avions pas fait les changements nécessaires au niveau de nos finances. Nous vivions sans filet.

Deux ans plus tard, j’ai recommencé le même manège. Au début de juillet 2016, j’ai remis ma démission à mon employeur.

Mais cette fois, c’était prévu. La décision avait été longuement réfléchie et analysée de fond en comble. Les finances avaient été assainies et toute la famille savait à quoi s’attendre.

Nous étions prêts, comme l’a déjà dit un politicien frisé.

Définissez votre liberté

Chaque personne a une vision bien à elle de ce qu’est la liberté. La mienne est différente de la vôtre. Ma nouvelle vie est un résultat direct des expériences que j’ai vécues et de celles que je souhaite vivre dans le futur.

Vous aussi avez vécu des expériences. Vous aussi avez des rêves.

Aujourd’hui, qu’est-ce qui vous empêche de les réaliser, ces rêves?

Changer, mais pour quoi?

Comme le cas de John Tavares nous le prouve, les joueurs de hockey qui profitent de l’échéance de leur contrat pour déménager leurs pénates ailleurs ne le font pas toujours uniquement pour l’argent. Bien sûr, certains en profitent pour faire sauter la banque pour la seule et unique fois de leur carrière.

Mais d’autres le font pour quitter un environnement de travail qui leur sied moins bien. Peut-être qu’ils ne s’entendent pas avec leur entraîneur ou avec leurs coéquipiers. Peut-être que leur famille n’arrive pas à s’adapter à la vie dans une culture drastiquement différente de celle à laquelle ils sont habitués.

Ce sont des humains, après tout! Comme vous, comme moi.

Bien sûr, vous et moi n’avons pas nécessairement le talent athlétique pour rivaliser avec John Tavares et pour décrocher des millions de dollars par année.

Par contre, nous avons tous un talent. Nous sommes tous passionnés par quelque chose, que ce soit le hockey, le lavage de voitures, ou le tricot.

Mais trop souvent, nous acceptons un emploi qui n’a rien à voir avec notre talent et/ou notre passion.

C’est là où le bât blesse.

C’est là qu’on arrive au bureau le lundi matin en rêvant au vendredi.

Ma passion est l’écriture. Surtout l’écriture de fiction (romans, nouvelles, scénarios, etc.), mais aussi l’écriture moins créative : le journalisme, la rédaction de blogues, la traduction, la correction d’épreuves, etc.

J’ai la chance d’avoir un certain talent pour la chose.

Malheureusement, je n’avais jamais eu la possibilité de vivre de ma passion. J’avais eu quelques chances au fil des ans, mais elles ne s’étaient jamais concrétisées, pour diverses raisons (surtout par ma propre faute).

Imaginez donc ma joie lorsque j’ai découvert, il y a quelques années, que l’Internet m’offrait la possibilité de réaliser ce rêve qui m’est si cher, soit de vivre de ma passion. Et de bien vivre, si je me fiais aux exemples donnés par d’autres internautes!

Trouvez votre passion

Vous ne partagez peut-être pas ma passion pour l’écriture.

Êtes-vous plutôt passionné par le dessin? Êtes-vous convaincu que votre recette de sauce à spaghetti a quelque chose d’unique? Vos parents et amis ne tarissent pas d’éloges à l’égard de la qualité de vos photos de vacances?

Pensez aux grandes entreprises nées au cours du XXe siècle. Elles ont toutes une chose en commun : elles ont été mises sur pied pour répondre à un besoin. Henry Ford savait que ses concitoyens voulaient se déplacer plus rapidement qu’à cheval ou en train. Bill Gates se doutait bien que les ordinateurs prendraient beaucoup de place dans nos vies. Elon Musk a prévu la popularité des voitures électriques.

Vous détenez peut-être la clé qui permettra de régler les problèmes de milliers de personnes. Vous allez peut-être vous découvrir un talent caché qui rendra bien des gens heureux.

Mais vous ne le saurez pas tant et aussi longtemps que vous ne vous ferez pas confiance. Tant que vous continuerez à avoir peur du changement, vous allez rentrer au travail en reculant et en sacrant jusqu’au vendredi après-midi.

Quel que soit votre talent, quelle que soit votre passion, vous avez la chance de développer votre propre entreprise et de quitter cet environnement qui vous frustre tant.

Faites-vous confiance.