En ouvrant l’application La Presse Plus ce matin, je me suis tout de suite mis à lire le dossier spécial sur l’endettement des québécois.

Un dossier somme toute assez pertinent. On y donne des chiffres sur l’endettement des québécois (plus de 300 milliards, c’est épeurant…) et la répartition de ces dettes. Des employés de syndics de faillites offrent leurs conseils pour éviter d’aller les voir, etc.

Mais là où j’accroche, c’est quand le journaliste interroge un sociologue québécois qui a publié un livre sur le consommateur québécois en 2003. Aujourd’hui, il constate que le phénomène du surendettement a pris de l’ampleur. Et pourquoi, selon lui?

À cause des banques et des génies du marketing. Ce sont eux qui ont perfectionné un système infaillible pour vous soutirer de l’argent, dit-il.

Je lui donne raison sur un point : oui, nous sommes bombardés de publicité. Elle est partout et elle est TRÈS agressive.

En voulez-vous un exemple?

Hier, nous avons fait quelques recherches sur internet pour trouver un tout-inclus dans le Sud. Dans les minutes suivantes, les publicités d’agences de voyage apparaissaient partout. Notre fil de nouvelles Facebook en était rempli.

Le journaliste demande au sociologue s’il pense que l’endettement explose parce que le marketing est efficace et omniprésent.

« Tout à fait. (…) On ouvre son ordinateur et on est bombardé de publicité. »

Foutaise. J’ai juste envie de lui répondre une chose : Ouais, pis?

Pourquoi toujours blâmer les autres pour nos problèmes? Pourquoi ne prenons-nous jamais nos responsabilités? Pourquoi toujours jouer la victime?

Oui, le marketing est efficace. Très efficace, même. Ils ont des milliers d’outils très performants à leur disposition pour créer des besoins. Ils ont une foule d’études psychologiques pour les guider. Et ils ont l’avantage du nombre. Vous êtes bien petit contre eux. Vous ne faites pas le poids.

Mais, en bout de ligne, qui a le dernier mot?

VOUS.

Oui, vous avez le dernier mot.

Brault et Martineau peut bien faire des publicités télé à toutes les cinq minutes pour que tout le monde sache que c’est possible d’acheter un matelas et de le payer en 125 versements égaux, sans intérêt!

Mais ils ne vont quand même pas venir vous chercher dans votre salon et vous tirer par l’oreille jusqu’à leur magasin.

C’est vous qui allez prendre la décision d’embarquer dans la voiture et d’aller magasiner chez eux, même si vous n’avez pas les moyens de vous acheter un nouveau divan. Vous. Personne d’autre.

Et ça s’applique à la plupart de nos ‘défauts’. Si vous avez un surplus de poids, ne blâmez pas le McDo. C’est vous qui arrêtez vous acheter un trio Big Mac. Je parle en connaissance de cause, ici.

175 000 $ de dettes – pas de ma faute

Dans le même dossier, la chroniqueuse Stéphanie Grammond présente le cas d’un couple dans la mi-trentaine, sans enfants, et des revenus annuels de 110 000 $.

Leur problème? Des dettes de consommation de 175 000 $!!!! Sans compter une hypothèque de 250 000 $…

Des dettes de cartes de crédit (ils en ont 6), des prêts personnels, des plans de financement à 0 %, des prêts personnels, etc.

175 000 $!!!

La chroniqueuse se dit étonnée du fait que les institutions banquaires aient continué à prêter de l’argent à ce couple alors qu’ils sont pris à la gorge.

Pourquoi s’en étonner? Les banques ne sont pas des OSBL. Ce sont des entreprises à part entière, cotées en bourse, qui existent pour engranger des profits. Et ils en font. Beaucoup trop, même, je vous l’accorde.

Mais qui va les arrêter? Certainement pas le gouvernement, qui compte sur les banques pour financer ses promesses électorales à bas prix. C’est à nous, les clients de ces banques, de modifier nos comportements et d’arrêter de leur donner notre argent en s’endettant volontairement.

Maturité, contrôle et conscience

Le problème de ce couple est très sévère. On ne peut pas l’expliquer uniquement en rejetant le blâme sur les banques et les compagnies de cartes de crédit.

D’ailleurs, lorsque la chroniqueuse demande à la dame comment ils en sont arrivés à accumuler une dette de 175 000 $, elle ne peut pas vraiment l’expliquer… « Pas de dépenses folles. (…) Un 200 $ par-ci, 300 $ par là… »

Comment pouvez-vous arriver à être aussi endetté et ne pas savoir comment vous avez fait pour en arriver là? C’est insensé!!

Semble-t-il que le conjoint de madame a perdu son emploi. La durée de son chômage n’est pas mentionnée. Mais j’ai peine à croire que c’est la seule raison qui explique une dette si importante.

Je crois plutôt que ça démontre un manque de maturité, de contrôle et de conscience.

Les banques n’ont qu’une toute petite partie du blâme à prendre, contrairement à ce que la chroniqueuse essaie de nous faire croire.

Que faire?

La première étape vers la résolution d’un problème, c’est d’admettre qu’on a un problème. Pas de blâmer quelqu’un d’autre.

Si vos dettes sont devenues un problème (en fait, toutes les dettes devraient être un problème, mais bon…), commencez par reconnaître que vous avez un problème et que vous en êtes la source. Tout commence par là.

Ensuite, prenez le temps d’identifier et d’évaluer vos comportements, afin de trouver ce que vous pouvez corriger.

Une fois que vous aurez accepté de changer votre attitude et votre comportement face à l’argent, vous serez en mesure de régler vos dettes et de mieux vivre par la suite.

Ça va faire mal, mais c’est un mal nécessaire. Ça fait partie de la vie.

Comme on dit en latin, what doesn’t kill you only makes you plus Savant!